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Faits divers | « Un bon coup de cyanure » pour les handicapés : le médecin condamné


Un médecin de Cherbourg (Manche) a été interdit d’exercer pendant trois mois, pour avoir cautionné par ses propos l’extermination des handicapés sous le IIIème Reich, a-t-on appris ce mardi auprès du conseil régional de l’Ordre des médecins de Basse-Normandie.

Saisie par l’Agence régionale de santé de Normandie, la chambre disciplinaire du conseil régional de l’Ordre a interdit dans une décision du 7 juillet à Jean-François Pion, médecin généraliste chez SOS Médecins, d’exercer sa profession pendant six mois, dont trois avec sursis, à compter du 9 octobre.

Une « solution finale » pour exterminer les « neuneus »

Il est reproché au médecin d’avoir tenu en janvier, devant une infirmière, des propos « violents et discriminatoires à l’égard des handicapés et des homosexuels » à l’issue d’une intervention à la maison d’accueil spécialisée de La Glacerie (Manche), qui accueille des adultes handicapés dépendants.

Selon l’infirmière présente au moment des faits, les réflexions de M. Pion portaient sur le sort qui pourrait être réservé à des personnes gravement handicapée.

Le médecin parlait d’ »un bon coup de cyanure », sur la « solution finale » des nazis à l’égard des « individus qui ne servent à rien dans la société, les handicapés et les homosexuels », ainsi que sur l’intérêt de ne pas laisser se reproduire les « neuneus ».

Des propos « contraires au respect de la vie humaine », pour l’Ordre des médecins

L’avocat du médecin, Me Thomas Baudry, a soutenu lors de l’audience que ces propos avaient été tenus dans un cadre extra-professionnel et inspirés par un « questionnement sur le sort de personnes gravement handicapées et la relative impuissance du médecin » mais qu’ils n’exprimaient pas une adhésion à des thèses d’élimination ou de discrimination.

Le conseil de l’Ordre a considéré lui qu’il s’agissait bien de propos tenus dans le cadre du service,  et qu’ils étaient « contraires au respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité » prôné par le Code de la santé publique.

Il souligne également que même en admettant « que les propos du docteur Pion n’expriment pas une adhésion sans réserve à des thèses d’eugénisme et d’élimination de certaines catégories de personnes -adhésion dont se défend le médecin- ils tendent à tout le moins à présenter comme dignes d’intérêt des actes, envisagés comme systématiques, que la loi prohibe ».

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