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Pourquoi les sangliers de Bas-en-Basset ont-ils passionné la France? sur zoomdici.fr (Zoom43.fr et Zoom42.fr)


L’Ă©levage illĂ©gal de sangliers dĂ©mantelĂ© le 10 juillet Ă  Bas-en-Basset a fait couler beaucoup d’encre dans les mĂ©dias nationaux. Zoomdici revient sur les raisons de cet engouement.

Rappel des faits

Lundi 10 juillet, une discrète enquĂŞte de gendarmerie aboutit Ă  la dĂ©couverte d’un Ă©levage non dĂ©clarĂ© de sangliers, dans un hameau de Bas-en-Basset. Leur propriĂ©taire les gardait dans un enclos, Ă  l’abri des regards. Au moins 60 animaux ont Ă©tĂ© dĂ©couverts. « C’Ă©tait un secret de polichinelle localement », dĂ©plore Christine Hacques, sous-prĂ©fète d’Yssingeaux, qui a demandĂ© l’enquĂŞte.

Des sanctions administratives ont Ă©tĂ© prises, et doivent aboutir prochainement Ă  l’abattage des bĂŞtes. Puis la Justice se penchera sur ce cas. La question principale restant l’identitĂ© des acheteurs. Il pourrait s’agir de chasseurs souhaitant implanter le gibier dans leur zone.

Ils se sont invités au Parisien, au Figaro, à France Info, ou encore Europe 1. Les sangliers élevés dans la clandestinité à Bas-en-Basset ont passionné les médias français fin juillet.

La sous prĂ©fète d’Yssingeaux Christine Hacques, chargĂ©e de l’enquĂŞte administrative, s’est retrouvĂ©e au coeur de l’espace mĂ©diatique l’espace d’une semaine. Idem pour Yannick Fialip, reprĂ©sentant des agriculteurs en Haute-Loire (FDSEA). « J’ai accordĂ© une interview au Parisien, et Ă  partir de lĂ  tout s’est enchaĂ®nĂ©. Plusieurs radios m’ont contactĂ© dans la foulĂ©e. »

Au tribunal du Puy-au-Velay, oĂą de nombreux journalistes parisiens ont appelĂ©, on regrette « qu’une affaire mineure suscite tant d’attention, quand de graves dossiers de violences conjugales n’intĂ©ressent personne. » Alors, pourquoi un tel engouement? Deux causes sont envisageables.

Un sujet clivant

La population de sangliers a explosé en France ces dernières années. Ils seraient plus de 2 millions dans le pays. Résultat : des ravages dans les exploitations agricoles. En Haute-Loire, « plus de 200 000€ chaque année », selon le syndicat agricole FDSEA.

Un problĂ©matique complexe, oĂą chacun se rejette la faute. Un jour les chasseurs sont soupçonnĂ©s d’entretenir la surpopulation en nourrisant les bĂŞtes en forĂŞt. Le lendemain, ils sont fĂ©licitĂ© pour leur travail d’abattage – un chiffre impressionnant d’environ 500000 sangliers par an. Sauf par les dĂ©fenseurs des animaux qui, eux, n’approuvent pas la mĂ©thode. 

Bref, quand il s’agit de sanglier, tout le monde se crispe. Et cette affaire d’Ă©levage illĂ©gal a forcement remis de l’huile sur le feu.

MĂŞme entre propriĂ©taires de fusils, la polĂ©mique fait rage. « La chasse au sanglier est celle qui provoque le plus d’agitation et de problèmes dans le milieu », confie un chasseur altiligĂ©rien, prĂ©fĂ©rant rester anonyme. C’est d’ailleurs l’agression du responsable d’une sociĂ©tĂ© de chasse en Haute-Loire qui avait mis la puce Ă  l’oreille des enquĂŞteurs dans cette affaire.

Les mĂ©dias en panne d’infos l’Ă©tĂ©?

Mais si les sangliers de la Haute-Loire ont fait les choux gras des journaux la semaine dernière, c’est peut-ĂŞtre pour une raison encore plus simple. « C’est tombĂ© fin juillet, quand il n’y a pas beaucoup d’info », clament en coeur la prĂ©fecture, les agriculteurs et la gendarmerie. En pĂ©riode de vache maigre, quoi de mieux que de gras sangliers?

ClĂ©ment L’hĂ´te

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