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Procès de Bill Cosby pour agression sexuelle : « J’avais peur, très peur »


Le procès pour agression sexuelle du comédien américain Bill Cosby s’est ouvert lundi aux Etats-Unis. A 79 ans, le créateur et acteur de la série « The Cosby Show », qui en a fait une star mondiale durant les années 80, doit répondre d’accusations d’agression sexuelle.

Une soixantaine de femmes ont mis en cause, ces dernières années, William Henry Cosby Jr. Mais Andrea Constand, personnage central de ce procès, est la seule pour laquelle les faits ne sont pas prescrits pénalement. Elle affirme avoir été agressée sexuellement par Bill Cosby début 2004, lors d’une visite au domicile de l’acteur. Pour parvenir à ses fins, il l’aurait incitée à boire du vin et à ingérer des pilules. Le mélange l’aurait rendue, selon elle, incapable de résister.

Interrogé en 2005, Bill Cosby avait reconnu lui avoir donné alcool et pilules, sans lui dire ce qu’elles contenaient, et s’être ensuite livré à des attouchements. Mais pour lui, il s’agissait d’une relation consentie. En l’absence de témoin et d’élément matériel, tout est désormais suspendu au témoignage de cette Canadienne de 44 ans.

Un parallèle troublant

Mais c’est le récit d’une autre victime présumée qu’a entendu le jury lundi après-midi. Admise comme témoin, ses accusations ne font, elles, pas l’objet de poursuites. En larmes, Kelly Johnson a raconté comment en 1996, selon elle, l’acteur avait insisté pour qu’elle absorbe une pilule et du vin, avant de se livrer à des attouchements. Un parallèle troublant avec les accusations lancées par Andrea Constand.

Assistante de l’agent de Bill Cosby à l’époque, Kelly Johnson a expliqué avoir été « extrêmement intimidée », n’osant pas quitter les lieux. Après l’incident, l’acteur aurait obtenu son licenciement pour faute professionnelle, selon elle.

Elle a ainsi décrit un Bill Cosby manipulateur, jouant de sa notoriété pour prendre sa victime au piège. « J’avais un secret concernant la plus grande célébrité au monde, à l’époque », a-t-elle confié. « J’avais peur, très peur ».

Accusation infondée

Le principal avocat de Bill Cosby, Brian McMonagle, a cherché à discréditer ce premier témoignage, accusant Kelly Johnson d’avoir fait évoluer sa version des faits. Le témoignage d’Andrea Constand est, lui, attendu dans les tout prochains jours.

« La confiance, la trahison, et l’incapacité de donner son consentement, voilà en quoi consiste ce dossier », a expliqué l’adjointe du procureur du comté de Montgomery, Kristen Feden, au sujet de celle qui habite désormais Toronto.

« Aujourd’hui, avec votre aide, j’ai l’occasion de réparer une injustice », a dit, pour sa part, au jury Brian McMonagle. Pour lui, « une accusation infondée » est pire qu’une agression sexuelle.

Bill Cosby ne veut pas témoigner

Très attentif aux débats, Bill Cosby avait tourné sa chaise pour faire face au jury et non au juge. Lors de la seule interview qu’il ait donnée depuis son inculpation, Bill Cosby a assuré qu’il ne témoignerait pas lors du procès, même si une prise de parole de l’acteur n’est « pas complètement écartée », selon un porte-parole.

Si à l’issue de ce procès, prévu pour durer deux semaines, le jury déclare Bill Cosby coupable, l’acteur pourrait être condamné à passer, au minimum, dix ans derrière les barreaux. Cela équivaudrait probablement à finir ses jours en prison. Mais même en cas de relaxe, les accusations devraient le poursuivre jusqu’à la fin de sa vie, d’autres procédures étant encore en cours au civil.  

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