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Rock en Seine s’attaque aux agressions sexuelles



Un stand sur le sujet a été mis en place pour la première fois sur le festival, géré par la toute jeune association « En avant toute(s) ».

C’est un sujet un peu tabou sur un festival, mais que Rock en Seine a décidé de prendre cette année à bras-le-corps. Pour la toute première fois, un stand dédié aux agressions sexuelles, et plus généralement aux violences faites aux femmes, a été mis en place sur le festival qui fête ce week-end sa 15e édition sur le domaine de Saint-Cloud.

 

L’association « En Avant Toute(s) » anime cet espace, avec un objectif : offrir un lieu permettant aux femmes de libérer leur parole face aux agressions masculines. « En festival, vous avez la promiscuité, l’alcool, et une ambiance festive qui pousse parfois certaines personnes à penser qu’elles peuvent faire ce qu’elles veulent, aller plus loin… » explique Ynaée Benaben, la fondatrice de l’association.

 

Un festival annulé en Suède à cause des agressions

 

Le sujet a marqué l’actualité musicale des derniers jours. En début de semaine, le chanteur du groupe Architects a interrompu son concert pour dénoncer une agression sexuelle dans la foule. Confrontés à une vague de violences du même type, les organisateurs du festival de Bråvalla, le plus grand de Suède, ont carrément décidé d’annuler leur événement l’année prochaine. « Ca ne veut pas forcément dire qu’il y a plus de violence là-bas qu’ici, poursuit Ynaée. Mais que des femmes ont décidé de raconter ce qui leur arrivait. »

 

Créée il y a trois ans, l’association était également présente sur le festival Solidays, au mois de juin. Elle a pu récolter de nombreux récits de festivalières : « Certaines nous ont raconté qu’elles étaient mal-à-l’aise car elles avaient été collées, ou qu’il y avait un groupe d’hommes qui les fixaient à la sortie des toilettes », poursuit la fondatrice. Parfois, les récits décrivent aussi des agressions, des « mains aux fesses », des femmes se faisant toucher les seins, des « histoires très graves, pouvant relever du pénal », résume-t-elle.

 

Lucile, 19 ans, a participé à un jeu sur le stand. LP/A.L.

 

Mais le stand aborde également des thèmes plus larges, liés aux inégalités entre les femmes et les hommes. « Franchement, cela fait plaisir à voir, explique Lucile, festivalière de 19 ans. Ma grand-mère et ma mère ont défendu les droits des femmes, et cela me touche de voir des gens se bouger. » Autour d’elles, des garçons franchissent également le pas.

 

« Cela montre qu’il y a aussi beaucoup de mecs bien, sourit Lucile. Et qui se rendent compte que ce n’est pas toujours facile d’être une femme. » Elle se lance dans un jeu de l’oie spécialement dédié aux inégalités salariales. Elle se lamente : « Si j’avais été un homme, j’aurais avancé de deux cases ! Là, je n’ai même pas bougé (rires)… »

 

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