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Un chibani marocain de 77 ans victime d’une agression islamophobe


Un septuagénaire d’origine marocaine a été agressé dimanche 2 juillet à la sortie de la mosquée de sa ville. / Ph. Capture d’écran

Auneau, petite ville du nord de la France de 4 000 âmes, a été le théâtre, dimanche 2 juillet, d’une agression à caractère islamophobe.

Lahbib (*), 77 ans, a littéralement été roué de coups par un inconnu alors qu’il venait de prier à la mosquée et se rendait chez lui. Décrit comme un trentenaire de type caucasien, son agresseur l’a suivi sur le chemin du retour. Le septuagénaire d’origine marocaine, encore sous le choc, témoigne dans une vidéo: «Il a commencé à me parler et s’est mis à me crier dessus et à m’insulter. Je lui ai demandé de s’en aller et de me laisser tranquille mais il a refusé. Je suis parti, il m’a suivi et est revenu vers moi. Il m’a poussé au niveau du dos et m’a fait tomber. C’est à ce moment là qu’il m’a frappé au visage alors que je ne le connais pas et qu’il ne me connaît pas. Je ne comprends pas.» 

Saisi par la famille en plus d’avoir porté plainte, le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) a publié hier via les réseaux sociaux cette vidéo explicative. «Pour l’instant, l’auteur des faits n’a pas été retrouvé», explique-t-on à Yabiladi. «La victime a reçu des soins et va bientôt être hospitalisée. Elle présente une fracture au nez et doit se faire opérer, en plus des 15 jours d’ITT entraînés par cette agression.» Des insultes ont également été proférées : «De loin déjà [la personne] a aperçu mon père et l’a insulté de tous les noms», raconte l’un des fils de Lahbib.

«‘Sale arabe’, ‘sale bougnoule’, ‘sale musulman’… Mais il y avait beaucoup plus; ça, c’était l’entrée. Après même en le tapant il n’arrêtait pas le mec. Il avait une haine envers les musulmans, parce que pour s’en prendre à un vieux, une personne d’un certain âge avec une béquille, c’est de la haine, et même au-delà.»

Le CCIF au service des victimes

Le septuagénaire, qui s’en est sorti avec des lésions et une fracture, a d’abord décidé de ne rien dire. C’était sans compter les hématomes : «Il est arrivé à la maison et il n’y avait personne, du coup il a nettoyé. (…) Lundi soir, en début de soirée, les marques sont sorties (…) c’était carrément tout le visage, il était obligé d’avouer», raconte le fils de Lahbib.

Un acte raciste et islamophobe dont s’est saisi le CCIF dans le but de «retrouver l’auteur de cette agression et veiller à ce que cette agression ne reste pas impunie.» Dans pareilles situations, le rôle du CCIF consiste à «se joindre aux autorités (…) et offrir une assistance psychologique aux victimes. Ce monsieur, qui s’est retrouvé seul avec sa famille, a appelé d’autres associations antiracistes qui lui ont dit de porter plainte. Nous, nous avons dépêché notre équipe qui est partie le rencontrer, l’a filmé et écouté. Nous allons suivre la procédure jusqu’à ce que l’auteur soit retrouvé et puni».

Pour Lila Charef, co-directrice du CCIF, «la police elle-même a été choquée par l’agression de ce monsieur et a rapidement agi en signalant cette affaire au préfet et au maire de la ville. Ce dernier a même rendu visite à la victime.»

La famille de Lahbib demeure bouche bée face à cet acte : «Je ne comprends pas comment on peut attaquer, frapper, mettre une personne handicapée avec une béquille à terre et la frapper. Pour moi c’est impensable», fustige le fils de la victime.

Selon le CCIF, qui publie chaque année un rapport sur les chiffres relatifs aux actes islamophobes, 419 discriminations ont eu lieu en 2016, contre 39 agressions, 25 attaques et dégradations contre des édifices religieux et 98 discours haineux (insultes, menaces).

(*) Le prénom a été modifié.

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