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Viry-Châtillon: 11 interpellations en lien avec l’attaque de policiers – 17/01/2017




Deux véhicules de police brûlés à Viry-Châtillon, où des policiers qui patrouillaient ont été attaqués avec des cocktails Molotov


Trois mois après l’attaque aux cocktails Molotov contre quatre agents Ă  Viry-Châtillon, Ă  l’origine d’une large grogne policière, l’enquĂŞte a franchi une nouvelle Ă©tape mardi avec l’interpellation de onze jeunes suspects.

L’arrestation de ces onze jeunes âgĂ©s de 17 Ă  19 ans doit permettre « d’entendre et de confronter des personnes, dont certaines sont susceptibles d’avoir participĂ© aux faits », a expliquĂ© le parquet d’Evry (Essonne).

Neuf suspects ont Ă©tĂ© interpellĂ©s Ă  l’aube dans la citĂ© sensible de la Grande Borne, situĂ©e Ă  cheval sur les communes de Viry-Châtillon et de Grigny, Ă  une vingtaine de kilomètres au sud de Paris. Les deux autres arrestations ont eu lieu Ă  Etampes, dans le sud de l’Essonne, et dans une commune de Seine-et-Marne, a dĂ©taillĂ© le parquet.

Sur l’ensemble du groupe, deux suspects sont mineurs, a prĂ©cisĂ© une source policière Ă  l’AFP.

En milieu de matinĂ©e, le quartier de la Grande Borne Ă©tait très calme, a constatĂ© un journaliste de l’AFP. Une dizaine de camions de CRS Ă©taient postĂ©s au niveau du carrefour oĂą avait eu lieu l’attaque contre les policiers, qui avait fait en octobre deux blessĂ©s graves et deux blessĂ©s lĂ©gers.

C’est la première fois que les deux juges d’instruction ordonnent l’interpellation de personnes pouvant avoir un lien direct avec l’agression.

Un adolescent de 17 ans, soupçonnĂ© d’avoir participĂ© Ă  la confection des cocktails Molotov utilisĂ©s pour l’attaque, avait Ă©tĂ© mis en examen et Ă©crouĂ© dĂ©but dĂ©cembre, avant d’ĂŞtre remis en libertĂ©.

Un second mineur âgĂ© de 15 ans, soupçonnĂ© aussi d’avoir participĂ© Ă  la fabrication des engins incendiaires, avait Ă©tĂ© placĂ© sous le statut de tĂ©moin assistĂ©, intermĂ©diaire entre la mise en examen et l’Ă©tat de simple tĂ©moin.

Trois jeunes hommes de 16, 19 et 22 ans avaient Ă©galement Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s en novembre, pour avoir filmĂ© puis mis en ligne des vidĂ©os de l’agression, avant d’ĂŞtre rapidement relâchĂ©s.

Enquête suivie de près

Le 8 octobre, une quinzaine d’agresseurs avaient incendiĂ© deux voitures de police, occupĂ©es par quatre agents en mission de surveillance: deux en Ă©taient sortis très grièvement brĂ»lĂ©s, les deux autres plus lĂ©gèrement touchĂ©s.

Les policiers veillaient sur une camĂ©ra installĂ©e près d’un feu rouge connu pour ses vols avec violences sur des automobilistes, en lisière de la Grande Borne.

L’agression avait provoquĂ© un vif Ă©moi dans la classe politique et dĂ©clenchĂ© un mouvement de fronde inĂ©dit par son ampleur chez les policiers. De nombreux agents s’Ă©taient rassemblĂ©s durant l’automne Ă  travers la France pour dĂ©noncer les violences dont ils Ă©taient victimes.

A quelques mois de l’Ă©lection prĂ©sidentielle, l’enquĂŞte est suivie de très près par le gouvernement et bĂ©nĂ©ficie de gros moyens. Le ministre de l’IntĂ©rieur, Bruno Le Roux, disait lundi suivre « chaque matin » les progrès des investigations, lors de ses voeux aux syndicats policiers.

Pour rĂ©pondre Ă  la grogne, le gouvernement a prĂ©parĂ© un projet de loi pour assouplir le rĂ©gime de la lĂ©gitime dĂ©fense des policiers, et l’aligner sur celui des gendarmes, qui disposent d’une plus grande marge de manoeuvre en cas de danger. Ce texte doit passer au Parlement en janvier.

Une enveloppe de 250 millions d’euros a aussi Ă©tĂ© allouĂ©e par le ministère de l’IntĂ©rieur, notamment pour financer de nouveaux matĂ©riels et vĂ©hicules.

Le policier le plus gravement touchĂ© lors de l’attaque, un agent de sĂ©curitĂ© de 28 ans, est sorti Ă  la mi-dĂ©cembre de l’hĂ´pital Saint-Louis, Ă  Paris, après plusieurs greffes de peau. Il a intĂ©grĂ© un centre de rĂ©adaptation en Seine-et-Marne et des dĂ©marches sont engagĂ©es pour qu’il soit titularisĂ© gardien de la paix Ă  son retour au travail.​

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